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Sabrina Egidi

Je suis née en Italie, à Rome et je vis depuis toujours dans le monde de l’art.
La famille de mon mari exerce le métier d’antiquaire depuis trois générations. Ainsi, j’ai continué à cultiver le goût des belles choses, à approfondir mes connaissances dans le domaine des objets anciens, tout en répondant aux attentes des clients les plus exigeants toujours en quête de raretés.
Après m’être occupée pendant plusieurs années de mes deux boutiques situées au cœur de Rome, l’une Piazza dell’Orologio et l’autre Via dei Coronari, à partir de 2002, l’envie de faire plus, d’aller plus loin est faite plus pressante. J’ai donc passé les examens nécessaires et suis devenue expert spécialisée en mobilier italien, inscrite à la Chambre de commerce et au Tribunal de Rome.

L’année 2005 a marqué un tournant décisif : je me suis installée à Paris et j’ai ouvert une boutique au Marché Serpette, le plus grand marché d’antiquités au monde, où tradition et tendance se fondent.

Cette expérience m’a beaucoup apporté. Elle m’a permis, entre autres, de rencontrer les créateurs et les designers internationaux les plus renommés. Je compte ainsi parmi mes clients des grands noms de la haute couture, du design et du spectacle.

Aujourd’hui, j’ai décidé de me lancer sur le Web, à la fois pour dynamiser la relation client et pour communiquer avec les amateurs d’antiquités et les professionnels qui ne me connaissent pas encore.

Bonne navigation!

Sabrina

Amarcord

Dans cet article nous sommes heureux de vous faire connaître un peu de notre histoire, de notre parcours professionnel en y ajoutant quelques photos personnelles “vintage” où figurent soit des meubles qu’au cours du temps nous avons eu la chance d’acquérir et de revendre, soit de salons d’antiquaires auxquels nous avons participé.

Notre participation à des salons d’antiquaires et de mobilier moderne et design commence dans les années ’80 et constituent l’ossature de ce travail, mais à ce point, iI vaut mieux laisser la parole à mon mari Alessandro, antiquaire depuis plusieurs générations, pour nous retrouver plus loin.

Bonjour, Sabrina m’a demandé un bref récit de notre parcours dans la décoration d’intérieur, ce que je ferai volontiers.

À la fin des années ’50 mon père ouvre à Rome un atelier près de la Via Salaria, dans le quartier Trieste-Parioli, où il débute une brillante carrière d’ébéniste. Bien qu’il ait ouvert à la fin des années ’70 une galerie d’antiquités dans le quartier Piazza Bologna, il n’a vraiment jamais abandonné son activité d’origine qu’il vivait avec une vraie passion.

Mon oncle aussi était un antiquaire prestigieux depuis les années ’60, avec une galerie de meubles anciens de la haute époque située aussi dans le quartier Salario – Parioli et précisément dans Viale Regina Margherita à deux pas de la Piazza Buenos Aires (même si personne à Rome l’appelle ainsi, pour tous il s’agit de la Piazza Quadrata ou bien Piazza della Regina).

Je suis donc ce qu’il convient d’appeler ‘un figlio d’arte’, ce qui dans le métier d’antiquaire est vraiment important. L’expérience provenant de la tradition d’une famille immergée depuis toujours dans le monde de l’art, est un véritable atout pour le métier de décorateur.

J’ai toujours vécu au milieu de meubles, tableaux, objets anciens de tous styles et époques et depuis mon jeune âge j’ai fréquenté des expositions et des salons des Antiquaires. Voici maintenant un bref récit de chacun de ceux-ci en commençant par un ceux qui me tient le plus à coeur.

Arezzo

Il se déroule une foire mensuelle à Arezzo encore aujourd’hui le premier samedi et dimanche de chaque mois dans le centre historique ainsi que les rues adjacentes.
Ce fut pour moi un véritable un marché historique où se trouvait des objets de très grande qualité.
Tout débutait le mercredi et le jeudi quand arrivaient “les génois”. En effet, de nombreux antiquaires de Gênes et de la Ligurie s’installaient à l’intérieur du très beau palais Cofani- Brizzolari, avec vue sur la Piazza Grande où ils déchargeaient une quantité d’objets incroyable allant de salons dorés à des tableaux sacrés de la haute époque.
A propos d’objets sacrés, j’ai acquis une fois d’un “génois”, dont le fils est toujours mon ami et gère brillamment une salle des ventes à Milan, une très belle série de 12 chandeliers Louis XIV en bois doré.
Ma première recherche commençait là et se poursuivait dans les très nombreuses boutiques du centre.
Pour tous les autres exposants qui venaient de l’extérieur, le rendez-vous était “au stade”.
En effet tous les camions qui seraient déchargés ensuite dans les rues d’Arezzo se donnaient rendez-vous sur le parking adjacent au stade, ce qui me permettait de voir en avant première beaucoup de meubles et tableaux et donc de faire mes premières affaires. Comme une espèce de cortège ils entraient finalement le vendredi après-midi en ville où ils déchargeaient leurs camions.
Le samedi commençait le véritable marché qui voyait “les napolitains” décharger surtout sur la Piazza Grande, “les baresi ” dans la montée qui menait au “Pratone” et “les romains” éparpillés un peu n’importe où. Je me souviens avec beaucoup d’émotion et d’amitié d’un antiquaire de l’Aquila aujourd’hui décédé, qui déchargeait près d’une fontaine de la Piazza Grande. Je me souviens comme si c’était aujourd’hui lorsqu’en voiture avec ma famille,c’était dans les années ’70, mon père voyant sur l’autoroute Rome – l’Aquila son camion découvert plein de tout un bazar, lui fit signe de s’arrêter à la première station-service. C’est ainsi que s’est créée une relation de travail qui a duré de nombreuses années.
Notre premier espace d’exposition à Arezzo se situait près des “genois” au premier étage du palais Brizzolari. Par la suite, nous avons occupé un espace sur la Piazza San Francesco, à l’intérieur de l’ancienne galerie du fameux antiquaire d’Arezzo Ivan Bruschi. C’est ici au début des années ’90 que s’est conclue notre expérience dans cette magnifique ville qui a vu naître Giorgio Vasari le premier historien de l’art, et peintre émérite.
Cela fait longtemps que je n’ai pas été à Arezzo, il est temps pour moi de revenir vite dans cette ville splendide.

Maintenant passons à …

 

 

Parma

“Mercanteinfiera” est encore aujourd’hui, la foire la plus importante d’antiquités, d’art moderne et de design au monde.
Je repense encore avec joie, à ma première participation: un seul pavillon, le mythique numéro trois, sans cloisons, mais énormément de clients. Toute la marchandise vendue pratiquement dès le premier jour! Une autre chose que je n’ai pas oubliée fut une salle complète de Gio Ponti en parchemin vendue dès son déballage à huit heures du matin (malheureusement pas par moi, mais par mon voisin…).
M69, PAD 2, V23, PAD 3, non, ce n’est pas un code secret, mais les numéros de nos stands à la foire de Parme où notre dernière participation remonte à 1998. Ce fut une très belle expérience, où je crois que pour la première fois, il se noua un vrai lien organique entre les divers antiquaires de la péninsule. Au delà d’un échange d’objets, ce fut aussi une confrontation de styles et donc de différentes cultures.
Objets en corail de Trapani et commodes Maggiolini déballés avec des “Mori Veneziani” rococò. Un spectacle jamais vu auparavant.
Sans parler des confrères visionnaires qui déjà à l’époque présentaient le design italien des années ’50/’60/’70. Je me souviens encore de la curiosité, mélangée d’un peu de commisération, que je ressentais pour ma voisine quand elle déchargeait de la marchandise que je considérais comme insignifiantes, tant j’étais fier de mes angelots dorés.
Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris ce qu’ils agissaient d’ une Triennale di Arredoluce, une lampe Fontana Arte, des fauteuils Franco Albini, Osvaldo Borsani, Zanuso etc …
Le temps leur a donné brillamment raison!
Une autre chose jamais arrivée auparavant a débuté à Mercanteinfiera dans les années ’80: le contact étroit et sur une large échelle entre le marché des antiquaires italiens avec celui international: décorateurs américains, designers français, antiquaires du Moyen-Orient. Quelle joie quand ils achetaient tes objets!
C’est la première fois que l’on a vu à Parme arriver les conteneurs démesurés des transporteurs internationaux comme Edet, Hedley’s ou Camard. Quelle émotion d’aller les regarder en espérant que ta marchandise pourrait y être chargée (en fait on y allait aussi pour voir ce qu’achetaient les étrangers, mais celà est une autre histoire…)

Passons maintenant à…

D’EPOCA ROMA

Au cours de l’année 1989, j’ouvre la revue “Le journal des arts” et mon oeil tombe sur le quatrième de couverture où sur toute la page figure la publicité d’une exposition qui, c’est le cas de le dire, aurait marqué son “EPOQUE”. Son nom était précisément “D’EPOCA ROMA”.

La chose incroyable est que tant l’illustration (Paolina Bonaparte de Canova sur fond du Palais Borghese), que le texte, faisaient clairement référence au Musée Borghese.

Comment est-ce possible?! Une exposition d’antiquaires dans un lieu aussi mythique?!

En effet, il ne s’agissait en aucun cas du Musée Borghese, mais beaucoup plus prosaïquement du parking souterrain de la Villa Borghese….

Peu importe, l’idée me plaisait quand même.

Je n’oublierai jamais le moment où Guido Marchi, l’organisateur de l’exposition, me présenta le plan où j’aurais dû choisir mon emplacement, mon stand.

Ce ne fut pas facile car j’étais le premier!!!

Ce fut là, dans ce bureau du Largo dei Fiorentini que commença mon histoire à “D’EPOCA ROMA”.

Cette histoire dura quatre années, mais celle dont je vous parlerai plus loin et qui commença précisément là, dure depuis 28 ans

La deuxième chose la plus émouvante de ce salon, fut la vente d’une Madonne en marbre avec enfant acquise la veille et vendue dès le lendemain à un antiquaire de Bologne.

Le style très pur florentin du XVème siècle et sa parfaite patine renvoyaient directement à de fameux artistes comme Desiderio de Settignano ou Donatello mais la signature indiquait clairement “Alceo Dossena”(Crémone 1878 – Rome 1937), un grand artiste italien.

Je vous ai parlé de la deuxième chose la plus émouvante de ce salon, mais quelle était la première?

Devinez qui était la fille qui exposait dans le stand près du mien?

Et bien c’était vraiment elle, Sabrina Egidi

En vous remerciant pour l’attention que vous m’avez accordée, je lui donne de nouveau la parole pour parler du mythique…

 

 

 

PALAPARIOLI

Merci Alessandro pour ta contribution.

En 1996 nous avons ouvert la fameuse ‘Galleria dell’Orologio‘, du nom de l’homonyme et suggestive place baroque du centre de Rome entre la via Giulia et piazza Navona.

C’est alors que commence notre participation à ce beau salon dont le point fort était son emplacement. Comme son nom l’indique, ce salon se tenait dans le prestigieux quartier romain Parioli. La fréquentation était vraiment de haut niveau de même que la qualité des exposants et donc des objets.

Á ce propos je voudrais vous parler un peu du très beau coffre (ici en photo) et que nous présentâmes dans l’édition du 1997.

Ce très beau meuble est typique de la production toscane, surtout florentine ou siennoise, de la fin du XIXème ou début du XXème siècle.

C’est alors que le style renaissance connut un regain d’intérêt avec une demande importante pour le mobilier italien du 15ème siècle. Étaient ainsi recréés ex-novo, surtout aux Etats-Unis, de vrais châteaux de style florentin, représentant à l’époque le summum du glamour.

Très célèbre est ainsi qualifié le Hearst Castle. Comme son nom l’indique, il fut construit par la volonté du magnat de la presse William Randolph Hearst, le magnat qui a inspiré le film “Citizen Kane” d’Orson Wells. Terminé à la fin des années ’40, c’est le triomphe de l’éclectisme le plus débauché, parfait exemple de ce que nous européens appelons avec un certain snobisme ‘kitsch’.

Du XVème jusqu’au début du XVIème siècle de nombreux artistes connus décorèrent des coffres de mariage, de Ghirlandaio et Jacopo de Sellaio jusqu’à Benozzo Gozzoli et Botticelli.

Par contre, le modèle d’origine de ce coffre de mariage est attribué à Ser Giovanni, dit le Scheggia, frère du plus connu Masaccio. Mais l’auteur de ce meuble est probablement le dénommé “Maître du panforte“. Cet artiste, dont on ne connaît toujours pas l’identité, doit son surnom à un fait curieux.

La ville de Sienne, fameuse dans le monde pour son art et son Palio, est aussi renommée pour son gâteau typique le panforte. Il se trouve qu’au début des années 1900 les panforte de la pâtisserie Parenti étaient devenus les plus recherchés en raison du papier qui les emballaient, lequel représentait à tour de rôle des scènes de la vie médiévale. Il semble que les œuvres qui nous ramènent à notre faussaire “Maître du panforte” furent inspirées en réalité de ces scènes, ce qui explique son drôle de surnom.

Notre dernière participation au Pala Parioli remonte à 2004 et je peux dire que ce fut vraiment une très belle expérience.

En l’an 2000 nous avons quitté la place de l’Orologio et avons ouvert notre boutique via dei Coronari, la rue des antiquaires par excellence à Rome.

C’est dans cette période que pour la première fois nous avons participé à ce qui fut un des plus prestigieux salons organisé dans ma ville…

 

GRANDI ANTIQUARI A ROMA

Parmi les salons d’antiquaires auxquels nous avons participé, Grandi Antiquari est assurément un des plus prestigieux.

Les objectifs des organisateurs étaient déjà clairs par le nom choisi pour cette manifestation : réussir à organiser à Rome une exposition de très haut niveau qui puisse rivaliser avec la Biennale du Palazzo Venezia.

L’endroit aussi avait été choisi avec cet objectif.

Pour la première fois dans la capitale, un salon d’antiquités de haut niveau se serait déroulé dans le quartier historique de l’EUR, en particulier dans le très beau Palais des Congrès.

Projeté et construit par Mussolini en 1942, l’EUR constitue probablement la dernière véritable empreinte artistique que Rome ait connu.

“…Il est facile d’être intimidés par les bâtiments austères de ce quartier, par ses larges avenues …” j’ai lu sur un guide de Rome, et c’est vrai, mais je dirais encore plus que ce qui frappe en le visitant, est une sorte de dépaysement, une sorte de syndrome de Stendhal mais à la sauce moderniste.

En tout cas rien de plus éloigné des “contortions baroques” qui caractérisent notre ville.

C‘est donc là qu’en 2000 s’est déroulée la première édition de “Grandi Antiquari a Roma”.

Pour rester fidèle au nom de l’exposition, nous avons présenté une très belle huile sur toile inédite de Michele Antonio Rapous. Comme indiqué dans un catalogue de la salle des ventes Wannenes, il “fut un des plus fameux auteurs piémontais de natures mortes du 18ème siècle, influencé par la peinture française et auteur de compositions florales raffinées.” Au regard de notre tableau, il s’agissait justement d’une “composition florale raffinée” avec son cadre d’origine.

Dans une autre édition nous avons présenté un très bel ensemble de natures mortes avec ses cadres attribué au peintre Giovanni Stanchi (voir photo). Cet artiste active à Rome dans la deuxième moitié du XVIIème siècle était justement appelé “des fleurs” en raison de son aptitude reconnue pour représenter les natures mortes.

En écrivant ces lignes, nous reviennent tant d’autres souvenirs de très beaux meubles, tableaux et objets que nous avions alors choisis pour les exposer ensuite dans ce salon : un superbe paire de dormeuses Louis XV en bois doré (photo), une console en bois dorée signée Bernardini (photo), une ensemble de consoles toscanes qui n’ont même pas eu le temps d’entrer dans notre stand, que deux fameux antiquaires de l’Ombrie les ont aussitôt achetées pour les présenter à leur tour à la Biennale de Florence.

Quelle très belle expérience notre participation à “Grandi Antiquari a Roma” qui nous a permis de grandir professionnellement et nous a poussé à faire toujours mieux.

En 2002 après avoir étudié les meubles sur le terrain et dans les livres, et réussi brillamment divers examens, je fus admise dans l’Ordre des Experts de la Chambre de Commerce de Rome et puis dans l’Ordre officiel des Experts en Meubles Anciens italiens auprès du Tribunal Civil de Rome.

Quelle satisfaction!

Maintenant on tourne la page et…

Paris

Nous voici en 2005 quand je vis la publicité d’une exposition d’antiquités qui se tiendrait à Paris, et pour être plus précis à Saint-Ouen aux portes de la capitale française et ce qui me frappa beaucoup fut son nom: “Le Mondial de l’antiquité “.

Saint-Ouen est une banlieue limitrophe de Paris, devenue à partir des années ’70/’80, le véritable et plus important marché d’antiquités et de décoration au monde.

Ouvert comme marché aux puces entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle, il a été ensuite “classé depuis 2001, Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager“, comme l’indique son site officiel. Son succès aujourd’hui est tel qu’il est devenu le 4ème site le plus visité de France. Chaque week-end arrivent du monde entier rue des Rosiers des milliers de personnes parmi lesquelles, outre les décorateurs, antiquaires et interior designers, on peut croiser des stars mondiales de la jet set internationale. Toutes les semaines le marché est visité par les plus grandes vedettes : chefs étoilés, champions sportifs, grands couturiers, stars du showbiz…

En 2005 nous avons passé un week-end de travail dans ce marché et douze ans après nous sommes toujours là dans le mythique Marché Serpette.

Ainsi, nous avons eu l’opportunité d’accueillir dans notre galerie Alain Ducasse, Madonna, Rod Stewart, Demi Moore, Lionel Richie, et la chance de pouvoir compter des clients prestigieux comme Lenny Kravitz, Laetitia Casta, Giambattista Valli, Jean-François Piège. De tout cela beaucoup d’honneur et de bonheur.

C’est là que continue notre belle histoire et c’est là que nous vous attendons chaque semaine pour vous accueillir avec joie et professionnalisme comme nous le faisons depuis toujours.