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Giacometti: entre tradition et avant-garde

“Giacometti: entre tradition et avant-garde

Bonjour à tous,

Où êtes-vous en ce moment ?

Peu importe ce que vous êtes en train de faire, je vous donne un conseil : arrêtez-vous et préparez-vous à un plongeon arrière avec double vrille.

Oui, car comment l’appelleriez-vous une séquence de ce type ? : Saint Jean Baptiste -Rodin-Giacometti- Basquiat-Charles de Gaulle (avec mouette).

J’ai pu vivre toutes ces belles sensations en visitant la très belle exposition au musée Maillol de Paris organisée jusqu’au 20 janvier 2019 et qui s’intitule “Giacometti. Entre tradition et avant-garde”.

D’après le titre, nous pouvons analyser ici le parcours artistique de ce grand sculpteur né en Suisse (italienne…) dans une famille au sein de laquelle le génie faisait partie de la maison.

Arrivé très jeune à Paris, Alberto débuta en tant qu’élève d’Antoine Bourdelle, à l’Académie de la Grande Chaumière de Montparnasse, où il installa son atelier fascinant.

Contemporain d’Aristide Maillol, il a d’abord suivi les traces d’artistes tels que Chaim Jacob Lipchitz, Henri Laurens et Ossip Zadkine, pour ensuite suivre son propre talent qui le conduira à créer de véritables icônes de l’art moderne.

Mais revenons à notre grand plongeon en procédant par ordre et analysons les trois premiers maillons de la chaîne San Giovanni Battista-Rodin-Giacometti.

Savez-vous de qui s’est inspiré Giacometti pour sa célébrissime sculpture “L’homme qui marche” ?

Moi non, je ne le savais pas, je l’ai découvert en visitant un des derniers espaces de cette incroyable exposition.

Dans cette salle sont exposés avec la célébrissime sculpture, une grande statue de bronze d’Auguste Rodin et un cahier qui se trouve à l’intérieur d’un écrin avec des dessins, ou mieux, des esquisses qui représentent un corps en mouvement sous lequel figure une note qui dit “L’homme qui marche”, toujours de Rodin.

La sculpture de bronze représente une figure originale et dynamique, qui, à travers la didascalie, nous permet de comprendre qu’il s’agit de Saint Jean Baptiste.

Eh bien, j’ai ainsi découvert qu’Alberto Giacometti s’est inspiré précisément de Rodin pour sa sculpture la plus connue !

Nous arrivons désormais au quatrième maillon de la chaîne.

Nous avons vu comment le Saint Jean Baptiste de Rodin a inspiré Giacometti, mais quel rapport avec Jean-Michel Basquiat ?

Eh bien regardez cette photo et ne me dites pas qu’il ne rappelle pas en tout et pour tout l’artiste-writer afro-newyorkais.

Comment explique-t-on tout cela ?

Basquiat a peut-être vu ces œuvres ?

Selon sa biographie, on aurait tendance à l’exclure, donc ?

En effet il n’y a pas d’explication, mais ce n’est pas une grande nouveauté.  Il n’est pas rare de trouver dans l’histoire de l’art une figure, un style, un motif quasiment identique pour deux artistes qui ne se sont jamais connus ni rencontrés. Les photographies qui montrent les artistes que ce soit dans leur vie privée ou lors de la création d’une œuvre, sont toujours très évocatrices, mais il y en a une du célèbre photographe Robert Doisneau qui est particulièrement intéressante.

Ce qui frappe le plus est la tristesse, je dirais presque la désolation du lieu de travail de Giacometti. On se croirait dans une cave, une sorte d’antre où règne la sensation de pauvreté et de désordre.

Nous savons que ce n’était pas le cas, et l’expression entre l’amusement et la surprise de Giacometti nous le confirme, mais la sensation demeure

Toutefois, en observant la photo, j’ai envie de faire une autre considération. Lève la main,  celui ou celle, qui n’a jamais pensé à la valeur qu’ont (ou qu’auraient) tous ces objets   jetées çà et là avec négligence (manifeste).

Qui n’auraient pas l’envie de retourner une de ces toiles pour voir ce que c’est, de quelles œuvres il s’agit, et de savoir où elles se trouvent désormais ?

Elles sont peut-être exposées dans un musée ? Accrochées au mur d’un appartement luxueux à Dubaï ? Emballées dans un coffre-fort d’un port-franc ? Ou bien encore délaissées dans une cave du XIVème arrondissement de Paris ?

Je souhaiterais vous parler maintenant d’une chose qui m’a le plus marqué lors de cette exposition, que nous pourrions intituler “Omnia vincit amor“.

Je trouve que les vidéos d’époque qui sont diffusées lors d’une exposition, s’avèrent très utiles pour comprendre l’artiste. Ne fait pas exception à la règle ce qui est exposé ici, au contraire, il y a à la fin une scène que je définirais poignante.

Durant la vidéo, nous pouvons apercevoir Alberto Giacometti qui, tandis qu’il créé une sculpture, donne simultanément une interview à Jacques Dupin poète, critique et ami de l’artiste.

Lorsqu’il répondait à des questions plutôt techniques, il était clair que son seul intérêt était celui de donner vie à sa créature. Une fois l’interview terminée, il s’occupait de sa création comme si c’était un enfant.

Après avoir versé de l’eau sur la tête de son œuvre comme lors d’un baptême, il prend un linge humide et l’enveloppe avec un amour infini.

J’imagine qu’il a fait cela de façon à ce que la terre cuite ou le plâtre ne sèche pas, dans tous les cas, cette scène démontre à quel point il est important de faire les choses avec amour.

Sur cette belle image je vous salue, en fait non, il manque le dernier maillon de la chaîne: Charles de Gaulle (avec mouette)

En sortant du musée pour rentrer chez moi, sur les Champs Elysées, j’ai revu avec un regard neuf une statue que je connaissais bien mais qui n’avait jamais attiré mon attention auparavant.

Je ne sais pas qui en est l’auteur, mais il a sûrement vu la sculpture d’Alberto Giacometti “L’homme qui marche ” …

 

 

 

 

Giacometti
Entre tradition et avant-garde
Musée Maillol
61, Rue de Grenelle
75007 Paris
Du 14 septembre au 20 janvier 2019

 

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